23.06.2009

Intimité

Certes la vie n'est pas tous les jours toute rose, certes j'ai des inquiétudes, des peurs, certes mon boulot me saoule en ce moment, certes, certes, certes... mais j'ai aussi des moment de pur bonheur, comme cette soirée d'hier passée avec Lion.

 

Rien de spécial en fait quant on y pense, juste lui qui rentre avec un bouquet de roses, juste un long moment allongés tous les deux nus sur le lit à papoter et à nous regarder dans les yeux, juste l'heure indécente à laquelle nous nous sommes endormis blottis l'un contre l'autre comme deux ados qui n'ont besoin que de quelques heures pour récupérer.

 

Juste nous.

17.06.2009

Dix ans...

Ce matin je me suis réveillée de particulièrement bon poil, non que ce soit exceptionnel bien au contraire, mais le seul fait de voir passer un petit (mais costaud!) rayon de soleil entre les rideaux mal fermés a suffit à me faire sourire plus que d'habitude.

 

Câlin après le bib de mon petit trésor, café tranquillou, décidément, la journée ne s'annonçait pas sous le signe du travail. Hé hé hé, soit! Allons-y pour une petite matinée d'école buissonière (je sais, je sais, c'est mal). En route pour le jardin avec mes deux amours trop contents!

 

Nous avons joué, arrosé les fleurs du parc,  couru, fait du vélo, des chatouilles, des patouilles, de la balançoire, le bon-heur!

 

 Ca fait du bien d'avoir dix ans de temps en temps :)

 

 

 

15.06.2009

On oublie et pourtant...

Souvent je repense à l'accident de mon père il y a pfffffffff...tellement longtemps. Cet accident dont il s'est sorti mais qui a changé tellement de choses. Un AVC qui l'a laissé aphasique et hémiplégique. Enfin c'est ce qu'il reste comme séquelles aujourd'hui parcequ'avant d'en arriver là il a dû se battre avec le soutien, la volonté et l'amour inconditionnel de Mum. Un combat qui a duré, duré... une guerre d'usure au cours de laquelle les progrès et le régressions se sont succédés. Il nous a fallu très longtemps avant de pouvoir en parler en famille, et encore aujourd'hui c'est un sujet que nous évitons :  trop de peine, trop de frustration, trop d'impuissance. Dad est un miraculé, et c'est tout ce que nous voulons voir.

 

Le résultat est que ce combat et cette maladie m'ont éloignée de Dad. Sans doute par pudeur. Sans doute parceque cela me fait mal de voir mon père qui est un homme merveilleux ne plus être ce qu'il a été. Sans doute pour me protéger et par égoïsme un peu aussi. Avant nous pouvions avoir des discussions qui duraient des heures, aujourd'hui ce n'est plus possible, et pourtant, si parfois les mots lui manquent, c'est incroyable tout ce qui peut passer par ses yeux.

 

Pendant plus de dix ans je me suis endormie le soir en me disant que je ne me réveillerai pas le lendemain matin. J'y étais préparée. Et cela s'est arrêté net, il y a 7 ans, à la mort d'un de mes plus vieux amis, mort du même accident que Dad. Choc, contre-choc. On-off.

 

Ces derniers temps, et plus particulièrement ces dernières semaines, je pense souvent à cette relation distendue. Je suis tellement heureuse de voir Dad jouer avec mes fils qui l'adorent! Je me dis que c'est le bon moment pour retrouver avec lui un peu de cette complicité perdue. Curieusement le sujet n'a jamais été aussi souvent abordé, par des amis, par des personnes également que je ne connais pas forcément bien et qui par hasard m'amènent à parler de souvenirs que j'ai eus avec Dad enfant et que j'avais enfouis.

 

Comme par exemple samedi soir, à un dîner au cours duquel le parrain de notre deuxième enfant m'a parlé de bateau et d'une ballade qu'il projette de faire à Belle-Ile. Tout a ressurgi d'un coup et je me suis mise à lui raconter au fur et à mesure qu'ils me revenaient, tous les merveilleux moments que j'ai partagés avec Dad en bateau, tous ces fous rires, cette complicité, ces moments de bonheur purs que j'ai retrouvés intacts, comme ça, en un éclair. Ca a été tellement bon de repenser à des souvenirs d'avant l'accident sans avoir mal et en prenant seulement l'essence joyeuse de ces moments passés en laissant de côté la nostalgie. D'autres encore me sont revenus depuis samedi que je savoure minutieusement.

 

Hier, j'avais l'impression que la perte du langage était insurmontable et partais sottement du principe que ma relation avec Dad était devenue inconsistante voire même impossible. Aujourd'hui, après presque vingt ans depuis cet accident, je suis enfin capable de réaliser qu'il n'a perdu QUE le langage et je prends conscience que Dad a gardé l'essentiel qui faisait et qui fait  de lui un homme merveilleux dont j'ai envie de profiter. Vingt ans c'est long, mais mieux vaut tard que jamais. 

 

Je me dit que je ne suis plus convalescente. Qu'avec la rencontre de Lion, la naissance de nos enfants et le pari que nous avons décidé de faire sur la vie, qu'avec tout cet amour qui m'est tombé dessus, là comme ça,  je suis guérie. Que même si j'ai parfois encore peur d'être heureuse l'envie prend le dessus. Que je veux vivre vieille, très vieille, pour voir mes enfants grandir, avoir des enfants à leur tour, devenir une mamie gâteaux. Que je veux vivre encore plus vieille que ça pour passer le plus de temps possible avec Lion et que dans cinquante, quand on sera tout décrépis, on aille s'assoir sur un petit banc tous les deux en se tenant par la main pour regarder la mer.